Le Parc National de Monfragüe….

S’il devait y avoir un paradis sur terre, ce serait finalement ici…

Au delà du fait que les ornithos du monde entier viennent dans le parc

pour observer une variété impressionnante d’oiseaux, comme le Vautour fauve,

le très rare Vautour moine, l’Aigle impérial et la Cigogne noire, pour ne citer qu’eux,

c’est un endroit qui respire la paix, comme si on avait franchi une porte secrète,

cachée quelque part entre deux rochers, ou entre deux énormes Chênes lièges.

Et là…soudain, au fil de la route, au gré des chemins, la vie s’écoule, paisible et sans peur…

Tu en connais beaucoup des endroits où tu dois arrêter ta voiture et éteindre son moteur,

pour prendre le temps d’observer un faon téter sa mère, au  milieu du macadam bouillant…

Ici, la nature t’oblige à réapprendre à « prendre le temps »…

La force du merveilleux, de l’inattendu…

 

 

El Salto del Gitano…incontournable et bouleversant…

Cette paroi quartzite spectaculaire abrite une quantité phénoménale d’oiseaux nicheurs.

Le visiteur qui arrive à Monfragüe passe immanquablement devant,

et ne peut être que subjugué par sa grandeur, son silence et son histoire…

La légende raconte qu’un jeune gitan ayant volé un marchant, poursuivi par deux gardes civils,

aurait escaladé cet énorme rocher, et acculé en son sommet,

il aurait plongé dans le Tage pour s’enfuir…

Les deux gardes, témoins de cette scène, se seraient transformés en rochers…

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Alors, on va commencer par le plus rare d’entre eux…Le Vautour moine…

Déjà, avec ses presque 3 m d’envergure, c’est le plus grand rapace d’Europe.

Il tire son nom de sa livrée sombre, ressemblant à la bure noire des moines,

un bec très fort et légèrement bleuté à la base, et un crane « tonsuré », un peu comme moi !!…

Contrairement aux Vautours fauves qui se nourrissent surtout de viscères et de muscles,

le Vautour moine se nourrit principalement de peaux, de tendons et de cartilages…

J’ai pu l’observer trois fois pendant mon séjour dans le parc,

mais faire des images reste très très difficile.

Il vole généralement très haut, ne se mélangeant pas trop avec les autres Vautours.

Et quand par chance il se rapproche un peu, il faut vite en profiter,

même s’il faut agrandir un peu l’image pour voir un peu à quoi il ressemble…

A chaque fois, j’ai observé un juvénile…

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La Cigogne noire…un peu plus petite que la Cigogne blanche, mais toute noire…ou presque…

Fait de branchages, le nid est construit en haut d’un arbre, ou sur un escarpement rocheux.

La nourriture est sensiblement identique à la blanche, grenouilles, insectes, batraciens, etc…

Plus rarement, des oiseaux, des serpents et des petits mammifères…

C’est une espèce migratrice vers l’Afrique et l’Inde,

seule la population de la péninsule ibérique reste sur place…

Il faut compter 3 œufs en moyenne par couvée, la nourriture est régurgitée au milieu du nid,

ce qui permet à tous les poussins de se nourrir équitablement.

Mais quand les ressources alimentaires se font insuffisantes,

il arrive aux parents d’éliminer les poussins trop petits ou trop faibles…

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Le Monticole bleu…appelé plus communément le Merle bleu…

Je pense qu’il se fait rare, en tous cas c’est un bel oiseau très discret.

C’est un omnivore, des insectes, des araignées et des petits lézards, mais aussi des baies…

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Ce n’est pas souvent que l’on peut observer une Marie-Blanque dans son nid…

Pour moi, c’est une première, et cerise sur le gâteau…pouvoir faire une image…

Il fait très chaud, et si tu veux voir le jeune, il faut venir à la fraiche,

l’adulte se tient devant le nid pour faire de l’ombre à son petit…

Il est au bord du Rio Tietar, un affluant du Tage…

J’ai quand même oublié de signaler qu’il n’y avait pas que « le Salto del Gitano » comme site,

tout le long du parc, il y a une dizaine de postes d’observation,

avec à chacun son petit truc à voir !!…

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L’Hirondelle de fenêtre…une espèce migratrice bien sûr…

Comme son nom l’indique, elle fait son nid au dessus des fenêtres,

mais aussi dans des charpentes, avants toits et autres structures artificielles…

C’est un oiseau très bruyant et toujours en mouvement.

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Et sans oublier tous ces Vautours fauves qui font le spectacle toute la journée…

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Comment être insensible à tant de vie et de douceur…

A ce son bizarre, à ce petit cri… je m’enfonce dans la végétation…

J’aperçois une biche qui mange des feuilles de Ciste à gomme gluantes,

il n’y a plus d’herbe depuis un bon moment, elle est grillée par le soleil…

Elle appelle son petit qui n’ose sortir des broussailles… je suis à coté de lui…

A ce clin d’œil complice qui m’a complètement chamboulé…

A la fraicheur de l’ombre et à ce moment de tendresse…

A cet instant magique où j’éteins le moteur de mon van…

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