Autrefois, on disait « resver »…cela voulait dire « errer »…cela va bien avec Errances…

En Gallo-romain, on disait « esvo »…cela voulait dire « vagabond »…

cela va tellement bien avec Bohémian…

Bien sûr qu’il faut rèver..et surtout ne pas s’en cacher et ne pas avoir honte,

ni de le dire, ni de le revendiquer…

Je crois que je suis né avec un attrape rêve dans le crane.

Mon esprit est un attrape rêve…

Le rêve m’habite depuis l’école, quand je regardais par la fenêtre,

plutôt que d’écouter ce que l’on voulait à tout prix me faire  rentrer dans le cerveau…

Puis si tu rêves, c’est que tu as besoin de quelque chose,

et cela te permet de te libérer, de trouver un équilibre,

alors laisse toi aller, laisse toi emporter par ton imagination,

l’esprit…ailleurs…

Je crois que le rêve et la solitude sont intimement liés…

***

Mais d’abord, laisse-moi te raconter un rêve

que je faisais souvent, quand je n’étais pas trop à ma place…

J’aimais beaucoup aller voir Vieil Arbre, mon Ami au milieu de nulle part.

J’aimais le toucher, le prendre dans mes bras et le serrer fort..très fort…

Alors, je fermais les yeux, et je me laissais faire et emporter,

quand mes bras, mes jambes et mon corps entier pénétraient à l’intérieur de  mon Arbre.

Et là, d’un coup, dans le silence assourdissant de cette noble vie qu’il respirait,

je me sentais libre et heureux, fort et sûr de moi…

Je levais les bras vers le ciel et ils devenaient de belles branches robustes,

tandis que mes pieds s’enfonçaient dans la terre nourricière et devenaient des racines.

Je me nourrissait de la chaleur du soleil qui descendait en moi,

et la fraicheur de l’humus qui envahissait  mes os

 me donnait une force incroyable…

Quand je sortais de l’Arbre, j’étais « invincible »…

***

 

« Lo Parot »…un vieil Olivier de 2000 ans…peut-être le plus vieux de toute l’Espagne…

On l’appelle Lo Parot parce qu’il est le père de tous les Oliviers…

Quand il m’a vu, il m’a dit :

 Mon ami, si tu viens me voir, c’est que tu aimes les arbres,

les belles histoires et les mondes merveilleux…

Alors, si tu veux, assieds toi contre moi, fermes les yeux et suis moi…

Je me suis laissé faire et quand j’ai rouvert les yeux…

Je suis sorti de cette gueule béante, dans un monde incroyable….

***

 

Le « Pi de Balija »…un pin monumental, plusieurs fois centenaire, 19 m de haut,

ses grandes branches avec le poids du temps, de la neige et du vent ,

ont ployées pour toucher le sol, comme si elles avaient poussé à l’envers.

Et comment ne pas t’envoler quand tu regardes cette splendide ramure,

comment ne pas imaginer une foret magique, où quand les arbres bougent et s’alignent,

il pousse des champignons gigantesques et fantastiques…

Elle existe cette foret, il m’y a emmené….

Non!!…je ne te dirais pas où se trouve ce coin à champignons, de toutes façons,

tu n’as pas de panier assez grand !!….

***

 

« Carrasca del Plano del Aguilla »….un Chène vert de 12,5 m de hauteur,

Un autre arbre singulier et remarquable…pour ne pas dire monumental…

Il a lui aussi vu et entendu tellement de choses et les histoires ne manquent pas…

Il m’a raconté que, si je voulais y mettre un peu du mien,

et que je voulais bien suivre son guide, un gros lapin rouge aux yeux jaunes scintillants,

j’arriverai à marcher sur la tète,

je verrai des barques blanches voguer sur une mer d’Oliviers,

je verrai des oiseaux de métal venus d’une autre planète pour enfin se poser dans les vignes,

et je trouverai l’échelle bleue qui me mènera tout là-haut dans le ciel…

***

 

Ce vieux Chêne m’a aussi apprit que j’avais le droit et le devoir

de rêver à beaucoup plus d’Humanité, d’Amour et de Dignité…

De ne jamais laisser oublier ces Femmes et ces Hommes qui portent ces valeurs…

J’avais fait un autre rêve depuis bien longtemps,

le jour où j’ai pris conscience de son action et de son combat,

c’était celui de serrer la pogne de Robert Badinter…un des derniers Humanistes

de cette planète.

C’est ma façon de lui rendre hommage aujourd’hui,

depuis un endroit des plus improbables… des champs d’Oliviers et de Vignes à perte de vue…

le long d’une piste interminable…

L’amour de la nature, de l’autre et de la vie sont indissociables

« I have a dream… »…

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