Elle prend sa source dans le massif central, à 420 m d’altitude…

Puis elle serpente ainsi sur 112 km, au milieu des forets, des cèpes et des truffes…

Elle sert un temps de frontière entre la Corrèze et la Dordogne,

avant de s’engouffrer dans des gorges parfois sombres et profondes…

Elle se paie même le luxe de disparaitre en partie

dans le gouffre du Moulin des Soucis, à Cubjac…

Et ainsi, sur près de 4 km, elle serpente dans la terre pour rejoindre l’Isle,

au Saut du Brame, par un syphon très profond…

L’auvézère est un affluant de l’Isle qui se jette dans la Dordogne…

 

L’Auvézère… La rivière qui coule sous le rocher….

 

En 1858, Antoine de Tounens est un modeste avoué de Périgueux…mais deux ans plus tard, il dirige un vaste royaume qu’il a fondé à l’autre bout du monde…

     Quel destin incroyable que ce jeune Français devenu Roi de Patagonie…

Après avoir emprunté 25 000 francs à sa famille, il décide de tout quitter pour tenter sa chance

dans cette partie d’Amérique du Sud, qui porte les noms d’Araucanie et de Patagonie…

« C’était mon rêve d’enfant » disait-il !!…

Et quand il arrive un beau jour à Arauco, en plein territoire des redoutables indiens Mapuche,

il bénéficie d’un coup de chance incroyable…en effet, depuis des siècles,

les sorcières de la tribu  annoncent l’arrivée d’un grand sauveur blanc…

Lorsqu’il arrive les Mapuches sont convaincus que c’est l’homme providentiel qu’ils attendaient…

Il se fait proclamer  « Orllie-Antoine 1er », Roi d’Araucanie…

Mais le Chili qui convoitait ces terres,  ne l’entendait pas de cette oreille …

Et quand il est fait prisonnier, il est déclaré  « fou » , et finalement expulsé en France…

Mais l’histoire ne s’arête pas là… Le Roi est mort…Vive le Roi !!!…

Un certain Achille Laviarde s’étant autoproclamé nouveau Roi,

lui succède sous le nom de « Achille 1er », Roi d’Araucanie et de Patagonie…

Sans que l’on sache bien sûr si….bref…une histoire sans fin…

 

La Forge de la Boissière d’Ans… La route des canons… C’est ici, en bordure de l’Auvézère, que de 1691 à 1830, ont été fondus les canons destinés à la Marine Royale…ils étaient acheminés par voie terrestre, fluviale et maritime, jusqu’aux arsenaux de Rochefort…

 

La maison de maitre… C’est une immense bâtisse construite vers 1791….

Pour faire fondre le métal, il fallait le chauffer à 1540 degrés.

Le bois des forets alentour était transformé en charbon pour alimenter les hauts fourneaux…

Pendant plus d’un siècle, les hauts fourneaux avalèrent des milliers de mètres cubes de bois,

mettant à nu les collines de l’Auvézère…

Un canon de 36 pèse 3426 kg, pour 3,08 m de long….

12500 kg de minerai, 1500 kg de castine (pierre calcaire utilisée en fonderie),

6000 kg de charbon de bois, soit 74 stères de bois,

auront été nécessaires pour la fabrication d’un seul canon !!….

 

Autrefois, dans les marais du Blâme, un petit ruisseau près de la forge, on tirait au canon, ce qui permettait de dire si le canon était bon pour le service…D’ailleurs, à cette époque, on pouvait voir dans les collines avoisinantes, le mamelon dénudé sur lequel se faisait l’essai des canons…cet emplacement s’appelait  « le champ de l’épreuve »….

 

Le tout petit cimetière de Saint Pardoux d’Ans…perdu dans un champ qui borde une noyeraie…Au fond, contre la foret  et au bord de l’Auvézère, les ruines du Château de Marqueyssac… qu’une femme courageuse a décidé de restaurer…

 

Les chemins sont nombreux à l’ombre des chênes…il y a de quoi s’y perdre…on peut presque aller de village en village…

Et puis si on a encore plus de chance, on peut entendre le doux « oupp-oupp-oupp » de la très discrète Huppe Fasciée…

 

L’herbe a poussé, les foins ne sont pas loin…C’est dans ce beau paysage que j’ai fait la plupart des images de mon ami Goupil…

 

Noyeraie… et l’herbe repousse déjà !!!….

 

Et ce n’est pas la même vie pour ces trois pantalons non plus… petite surprise au détour d’un chemin…