Attendre..attendre…et le temps passe…

Alors comme le temps file vite et n’attend personne,

il faut bouger avec le temps, le suivre et s’émerveiller

à la présence tranquille de la vie.

Il faut caresser le ventre de la terre et marcher dans les nuages

pour laisser son empreinte dans le ciel,

comme l’Ours laisse la sienne dans la neige,

qui lentement, goutte à goutte va s’effacer…

C’est raconter l’histoire d’un passage,

d’un voyage…

 

 

De la crète enneigée au centre de la terre, le chemin peut être long.

A 60 m de profondeur, j’ai entendu le temps passer, s’infiltrer, couler discrètement,

racontant goutte à goutte la mémoire de l’âge de la terre.

Ce goutte à goutte, c’est la mesure du temps qui passe.

J’ai eu le privilège d’être seul dans cette grotte,

à écouter son incroyable histoire…

***

 

Lors d’un bivouac, j’observais un écobuage maitrisé sans trop comprendre son utilité.

Je pensais à toute cette vie, cette microfaune qui s’envole en fumée.

Puis revenant à la préparation de mon repas,

mon regard s’arrête sur un Renard qui s’était arrêté lui aussi pour me regarder.

J’avais entendu par deux fois son cri dans la nuit…

 

Ce qu’il y a d’incroyable dans cette rencontre fortuite,

c’est que le Renard s’est accommodé de cette situation, de ce voisinage inattendu

qui ne l’a pas perturbé pour autant.

Non loin de moi, il me regardait vivre, entrer et sortir du camion, pendant deux jours,

il s’est même payé le luxe de faire la sieste devant moi,

en totale confiance, étalé de tout son long sur les pierres chaudes.

Ils étaient deux par moments, mais je n’ai pas pu faire la photo,

et du coup, je me suis dit que le terrier était caché dans les buis, avec les petits dedans.

Le soleil a disparu derrière la crète et la pénombre s’installe petit à petit,

mais il est toujours là, à coté de moi, profitant de ses derniers instants de repos

avant de partir sous les étoiles, avec la Lune comme seule frontale,

car il faut bien nourrir tout ce petit monde….

Alors là je me demande, autant pour lui que pour moi,

avons nous perdu notre temps à nous regarder vivre et faire la sieste…tout simplement…

Il y a un petit coté incroyable et surnaturel,

la confiance qu’il m’a accordée m’a fait beaucoup de bien,

elle est tombée pile au moment où j’en avais le plus besoin…

***

 

Le magnifique Col du Turini, le col mythique des courses d’autos et de vélos.

J’ai passé trois nuits dans ce petit paradis, et je n’étais pas seul.

Outre le fait que Rose-Marie et Laurent sont venus me tenir compagnie un petit moment,

j’étais entouré d’une multitude d’oiseaux,

la Mésange huppée, la Grive musicienne, et le Grand Corbeau..

mais aussi, le fameux Pic noir, le plus gros nos pics,

un oiseau curieux et je dirais même presque familier.

Il est immanquable quand il s’envole d’un arbre à l’autre

en poussant son cri de sauvage… un tonitruant « krukrukrukru »…

Je savais qu’il était là, parce que je l’entendais arriver, et s’il ne chantait pas,

il martelait le tronc avec son bec puissant, comme s’il frappait à la porte.

Alors quand il me voyait sortir de dessous les Epicéas,

il repartait en criant, faisait le tour du bouquet d’arbres, pour se reposer de l’autre coté.

C’était notre petit jeu du soir, pour passer et partager un peu du temps…

***

 

Les gorges du Verdon, le grand paradis des émotions fortes,

avec ses vides vertigineux et ses couleurs incroyables.

Je m’y étais déjà arrêté, tu dois pouvoir revoir les images en remontant dans le temps,

mais je ne peux résister encore à te montrer ces 4 images de Vautours.

La dernière n’est pas très nette, mais elle est amusante,

le Vautour tourne la tête pour regarder le Martinet à ventre blanc lui foncer dessus…

 

 C’est incroyable de regarder le temps passer, le temps de la terre, celui des arbres,

de voir et écouter le tien qui se faufile dans les broussailles de la vie…

Se sentir libre et disponible à tout ce qui arrive,

et à tout ce qui se présente sur le chemin,

c’est ce que l’on appelle « la Liberté »…

***

 

Cela me fait plaisir aussi de te montrer une photo du Grand Cormoran.

J’adore cet oiseau, je le trouve très beau,

avec son œil vert adapté à la vision sous l’eau,

son énorme bec crochu qui en fait un pêcheur redoutable,

le tout entouré de belles plumes blanches…

Il lui en faut peu pour être beau et heureux…

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